Radars : l’État veut relancer la machine à fric

C’est quitte ou double. Ça passe ou ça casse. Le pari est risqué. En effet, après le manque-à-gagner imprévu et difficile à digérer lié au contexte du mouvement des Gilets jaunes et à la neutralisation de nombreux radars, l’État souhaite faire de 2020 une année record, en ne lésinant guère sur les investissements…

Le gouvernement veut un nombre record d’amendes

Pour les naïfs, le masque tombe. On nous parle souvent de « sécurité routière ». Les politiciens invoquent donc le nombre d’accidents, la mortalité routière, etc. Cependant, de temps en temps, ils se découvrent et parlent ouvertement de leurs véritables desseins : faire entrer du fric dans les caisses de la République française.

Le gouvernement Édouard-Philippe vient en effet d’annonceur qu’il prévoyait un record d’amendes contre les automobilistes en 2020 ! Curieux, n’est-ce pas ? Il s’agit tout simplement de combler les lacunes fiscales laissées par 2019, mais il n’est pas très honnête, dirons-nous, de tabler à l’avance sur des délits encore inexistants et que ledit État devrait normalement prévenir… Il semble au contraire les appeler de ses vœux. Mais comme la fin de l’année 2019 s’annonce explosive, il n’est pas dit que cela se réalise.

Des nouveaux radars à foison

Vous aussi, vous les avez aperçus : les fameux « radars-tourelles », plus solides, plus terribles. Certains ont toutefois déjà été détruits, leur entrée en scène ayant notamment été difficile en Ariège par exemple.

En 2019, l’objectif (si, si, vous avez bien lu : il y a un objectif en la matière !) de lettres de retraits de points était de 12,4 millions. En fin de compte, il n’y en a eu que 9,2 – bien fait, aurait-on envie de dire ! Un gouvernement sagace féliciterait les Français pour leur bonne conduite ; mais un autre fustigera le manque-à-gagner pour ses recettes fiscales. Ce dernier n’a donc que deux solutions :

  1. créer de nouveaux délits ou durcir des sanctions qui existent déjà ;
  2. multiplier les points de contrôle, en privilégiant les remplacements nébuleux.

L’État désire donc treize millions d’amendes contre les automobilistes en 2020, avec le déploiement de quatre mille quatre cents nouveaux radars sur les routes – payés par le contribuable, qui casquera donc deux fois s’il est automobiliste… Sur ce nombre délirant, mille deux cents seront des « tourelles ». Le taux de disponibilité des radars de 75 % en 2019 (et inférieur dans certaines régions) devrait passer à 93 % en 2020 (il était de 88,87 % en 2018).

Bienvenue dans le meilleur des mondes… !

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