Un possible rejet de Breton après l’affaire Goulard ?

Les députés européens ont repoussé la candidature de Sylvie Goulard, présentée par Emmanuel Macron, à un poste au sein de la Commission européenne. L’un des principaux motifs est les affaires qui pèsent sur sa personnalité, outre une fin de non-recevoir opposée au président de la République française.

Des fuites auraient permis au Canard enchaîné de savoir que le gouvernement français souhaiterait proposer Thierry Breton à sa place, ce qui ne semble pas évident d’emblée.

Des conflits d’intérêts possibles ?

Thierry Breton a eu été ministre de l’Économie et des Finances de la République française. L’Élysée l’aurait pressenti pour un poste de commissaire européen, plutôt que Michel Barnier.

Breton est surtout patron de l’entreprise Atos, huitième de la planète dans le secteur des services numériques. Il entretient de bonnes relations avec Ursula von der Leyen, nouvelle présidente de la Commission européenne et ancienne ministre de la Défense de l’Allemagne.

Cependant, la société Atos fait l’objet depuis des années de subventions de la part de l’Union européenne. Naturellement, en cas de nomination (à cette heure totalement hypothétique), Thierry Breton quitterait la direction de la multinationale pour éviter un conflit d’intérêts direct. Ses réseaux et ces antécédents pourraient cependant inciter les députés européens à rejeter sa candidature : en la présentant, l’Élysée prendrait donc un risque certain. Deux refus d’affilée semblerait affaiblir considérablement la position de la France en Europe.

Des relations étroites au sein de l’élite européenne

Le petit monde des décideurs européens se côtoie de près. Ainsi, même quand des fonctions ne sont pas exercées avec concomitance, les conflits d’intérêts peuvent continuer par le biais des relations et amitiés.

Le poste de commissaire européen briguée suppose de superviser le pôle des supercalculateurs, une spécialité du groupe Atos.

Cependant, au bénéfice de Thierry Breton, il faut rappeler que lorsqu’il était ministre sous Jacques Chirac il avait spontanément désiré que les dossiers traitant d’entreprises auxquelles il avait été directement lié seraient traités par Matignon et non plus par Bercy. C’est tout à son honneur. Sur ce sujet, son honnêteté n’a d’ailleurs jamais été mise en doute. Il n’est toutefois pas certain que le Parlement européen prenne des risques. Affaire à suivre…

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