La limite du monopole public sur les routes

Récemment, le portail d’information Boulevard Voltaire a fait état du déclin progressif des autoroutes françaises. Remarquez bien que nous avons titré « monopole public » et non « propriété publique », car officiellement de nombreuses autoroutes monopolisées par l’État – c’est-à-dire la sphère publique  – sont concédées à des entreprises du secteur privé pendant un certain temps… indéfini, et qui tend à se prolonger sans cesse.

Les autoroutes sont-elles privatisées en France ?

On aurait cependant tort de tirer de là la conclusion selon laquelle les autoroutes françaises ne seraient plus publiques, mais privées ; puis d’y identifier, éventuellement, la cause de leur état allant de mal en pis.

En fait, comme toutes les autres routes de France, les autoroutes relèvent encore toutes de la propriété publique. C’est simplement que l’exploitation de certaines portions est concédée, le temps de mandats renouvelables, à des sociétés de droit privé – officiellement, pour que celles-ci s’occupent des investissements côté travaux, entretien et amélioration, puis rentabilisent leurs investissements. D’un point de vue théorique, ces concessions sont donc naturellement appelées à durer indéfiniment dans le temps…

Là où le bât blesse, c’est que les sociétés exploitant les autoroutes sont des géants liés de près ou de loin aux cercles de pouvoir, soit que l’État est actionnaire (ou d’autres organismes de droit public), soit que les dirigeants des premières font partie des relations des gouvernants publics. Et le fait est que le système n’a pas l’effet attendu pour les automobilistes : s’il enrichit les sociétés autoroutières qui tirent un profit maximal avec le minimum possible de dépenses et s’il arrange les pouvoirs publics qui évitent les frais d’entretien tout en levant des ressources grâce aux radars automatiques et autres amendes (il est d’ailleurs délirant de devoir payer au péage pour être ensuite freiné par les travaux et flashé par un radar réglé en fonction desdits chantiers), les Français restent les grands perdants.

Le système bâtard public/faux privé ne fonctionne pas

Il est à déplorer que l’obligation de l’ouverture à la concurrence touche tous les secteurs de l’économie, Union européenne oblige. Il s’agit le plus souvent d’une fausse concurrence, faisant le profit des pouvoirs publics et de leurs affidés (ou l’inverse ? qui a fabriqué qui ?).

Dans le cas d’espèce des autoroutes françaises, le résultat est sans appel. D’après le WEF (World Economic Forum), la France était à la première place en la matière en 2012 encore. Depuis, c’est la dégringolade : en cette fin d’année 2019, elle est déjà descendue jusqu’à la 18e place. Cette dynamique ne semble pas près de s’inverser. Ce classement prend bien entendu en compte les routes secondaires, totalement abandonnées alors même que les taxes continuent de fleurir !

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